ABONNEMENT AVANT LE 30 JUIN


Bénéficiez d'un tarif super préférentiel avant le 30 juin:
L'Abonnement "classique" au prix de l'Abonnement "Prem's"
-> Jusqu'à 30€ de réduction !

Plus d'infos
x
MENU

Le Théâtre

  • En 1951, Roger Domani fonde le Théâtre de Poche, à la chaussée d'Ixelles, dont il partage la direction avec Roland Ravez. Roger Domani avait un besoin de théâtre, comme il avait un besoin de manger. " J'étais un gourmet qui ne trouvait pas son content dans les restaurants traditionnels. Alors j'ai ouvert ma propre cuisine". Et quelle cuisine… Entre 1951 et 1955, Roger Domani monte avec audace de jeunes auteurs totalement inconnus : Genêt, Ionesco, Audiberti, Adamov,

    Infatigable découvreur, Domani ne cesse de prospecter la planète à l'affût de nouveautés. Connaissez-vous la Voie lactée ? de Karl Wittlinger, en 1958,
    Biederman et les Incendiaires de Max Frisch, en 1959,
    La Prochaine Fois je vous le chanterai de J.Saunders, en 1963,
    Du Vent dans les Branches de Sassafras de Obaldia, en 1965,…

  • Même si le Théâtre de Poche rencontre déjà le succès avec, entre autres, « La Bonne » (Jean Genêt, 1952), « La Cantatrice chauve » (Eugène Ionesco, 1952), « Azouk » (Alexandre Rivemale, 1957) ou « Quoat-Quoat » (Jacques Audiberti, 1957), quelques difficultés surviendront toutefois en 1957 : Roland Ravez abandonne finalement la direction du projet, et le théâtre connaît des problèmes financiers...qui seront résolus de justesse grâce au ministre d'État Léo Collard.

  • En 1964, lors d'une tournée au Zaïre, Roger Domani  fait la rencontre de Roland Mahauden, qui lui succèdera, en 1992 à la tête du Théâtre de Poche. Ensemble, ils créent le Ballet National Folklorique du Congo, parcourant plus de 15.000 kms de brousse, dans un Zaïre déboussolé, en pleine rébellion. Entre-temps, le Poche doit quitter la chaussée d'Ixelles, exproprié pour laisser le passage à l'actuelle Galerie d'Ixelles. Il n'en continue pas moins de produire des spectacles qui sont provisoirement hébergés par Jacques Huisman, dans la petite salle de son Théâtre National, place Rogier.

  • En 1966 le Théâtre de Poche emménage au Bois de la Cambre dans les locaux d'un club de pétanque. Roger Domani ouvre, avec Roland Mahauden, son nouveau théâtre dans un répertoire très contemporain. Ainsi, le premier spectacle à y être monté sera Insulte au Public, première pièce d'un jeune auteur allemand de 22 ans, inconnu au bataillon : Peter Handke.

    C'est l'hiver et la chape de béton qu'ont coulé eux-mêmes Roger Domani et Roland Mahauden n'a pas eu le temps de sécher. Pour la première de Insulte au Public, le gratin bruxellois, en smoking et vison, se presse à ce spectacle d'inauguration du nouveau Poche et se voit obliger de gagner la salle de spectacle sur des planches de bois jetées à la hâte sur le sol. Et une élégante spectatrice, les hauts talons enlisés dans le béton, de s'exclamer, faisant référence au titre de la pièce : " J'imagine que le spectacle a déjà débuté ! ".

  • Dès 1967, Roger Domani se tourne vers de jeunes auteurs et metteurs en scène talentueux : Ginsberg, Arrabal, Saunders, Topor, Lodewijk de Boer, Adrian Brine, avec lesquels il se lie d'une amitié infaillible forgée dans la confiance. Le Poche va de succès en succès. Roger Domani inaugure sa formule " Les fauteuils de théâtre sont faits pour être usés " et le Poche se revendique comme un véritable théâtre d'action où l'on ose évoquer avec réalisme les thématiques les plus contemporaines : Mc Bird de Barbara Garsons, America Hurrah de Van Itallie, pour lequel le Poche connut en novembre 1968 sa première alerte à la bombe, Kaddish de Ginsberg, spectacle-phare de la Beat Generation, etc.

    En 1970, le Poche se livre à diverses expérimentations théâtrales dont certaines seront triomphales : Ils passèrent des menottes aux fleurs de Arrabal, où l'on voit pour la première fois des comédiens nus sur scène. La Police bruxelloise suivra, chaque soir, le bon déroulement du spectacle s'assurant notamment de la majorité d'âge des spectateurs.

     

  • En 1975/1976, le Théâtre de Poche fête son 25ème anniversaire. Pour l'occasion, Derek Goldby met en scène l'Eveil du Printemps de F.Wedekind et Roger Domani part à l'assaut des théâtres bruxellois avec les spectacles internationaux les plus novateurs : Variation sur Mac Beth de William Shakespeare, Sweetbird de l'Iowa Theatre Lab., Morte Della Geometria d'Ouroboros (Centre de Recherche théâtral italien) - et investit au même moment les souterrains de la Place Royale, les Halles de Schaerbeek, la Chapelle des Brigittines,... Roger Domani brave tous les tabous, s'engage dans une lutte féroce pour la liberté d'expression, écrase les censeurs de tous poils,…

  • En 1980, le Théâtre de Poche est devenu incontournable dans le paysage théâtral francophone : ses productions triomphent, passent souvent au siège et en tournée le cap des 100, 200, voire 300 représentations…

    On retiendra parmi tant d'autres spectacles Bent de Martin Sherman dans la mise en scène de Derek Goldby (1981), Good de Cecil P.Taylor dans la mise en scène de Derek Goldby (1983) où Roger Domani avertit les spectateurs "craignez l'Hitler qui dort en vous ". Et le Rossignol Chantait de Saunders (1984), Un Certain Plume de Michaux dans la mise en scène d'Andrzej Burzinsky, Les Trompettes de la Mort de Tilly (1986), L'Art d'Aimer (affiche) de Ovide dans la mise en scène de Roland Mahauden (1987), Les Videurs (affiche) de John Godber dans la mise en scène de Richard Lewis (1988),…

  • En 1992, Roger Domani choisit de s'écarter du Théâtre de Poche et passe le flambeau à Roland Mahauden qui poursuit le travail de son prédécesseur. Sous Mahauden, le Poche a créé Lettres à un Jeune Poète, texte de Rilke dans lequel triompha Niels Arestrup, spectacle qui fut repris à Paris par les prestigieuses Bouffes du Nord, Tu ne Violeras Pas de Edna Mazya dans la mise en scène du jeune prodige québecois Wajdi Mouawad, L'homme laid de Brad Fraser dans la mise en scène de Dominique Haumont, Le grand Retour de Boris Spielman du Belge Serge Kribus, Sex, Drugs, Rock & Roll de Eric Bogosian, Trainspotting (photo) de Irvine Welsh qui se posa comme le spectacle-culte des 16/24 ans et qui triompha à Paris et au Printemps de Bourges,...

  • En 1993, Roland Mahauden crée le Festival annuel Premières Rencontres, présentant à un très large public et de nombreux professionnels les +/- 80 jeunes lauréats de nos écoles supérieures d'art dramatique dans leur spectacle de fin de cycle, invitant également chaque année des écoles étrangères : l'Ecole Nationale de Théâtre du Canada, la Scuola d'Arte Dramatica de Milan, l'Ecole du Passage de Niels Arestrup, etc., etc.

  • 1997 - Le Théâtre de Poche est reconstruit
    Installé à la chaussée d'Ixelles depuis 1951, s'est établi au Bois de la Cambre durant l'hiver 1966, dans…la salle de pétanque annexée à un restaurant sis au milieu du Bois, le Chalet du Gymnase. 22 ans plus tard, alors que le bâtiment bat de l'aile - il devient par exemple impossible de colmater les trous dans la toiture - la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, décide, enfin, la reconstruction.

  • Le troisième millénaire marque un tournant en termes de réussites et d'innovations. Il propose des saisons dantesques qui lui assurent des nouveaux succès tels que « Les Monologues du vagin » (Eve Ensler, 2000), « Hannah et Hanna » (John Retallack, 2003) ou « Allah n'est pas obligé » (Ahmadou Kourouma, 2004).

     

    De plus, il verra se créer Article 27 (hyperlien vers le site : <http://www.article27.be/bruxelles/>). Un projet qui « se donne comme mission de sensibiliser et de favoriser la participation culturelle pour toute personne vivant une situation sociale et/ou économique difficile »1. Il était impensable pour le Poche de ne pas participer à une telle initiative puisqu'elle répond à l'un de ses principaux objectifs : favoriser l'accès à la culture et « désélitiser le théâtre ».

    1« Article 27 asbl » [en ligne]. In Idearts. Publié en mai 2001 [consulté le 18 mai 2015]. Disponible sur le Web : <http://www.idearts.com/magazine/dossiers/art27.htm>

  • Olivier Coyette reprend la direction de janvier 2013 à juin 2015. Il avait déjà travaillé au Théâtre de Poche, que ce soit en tant qu'auteur avec M l'intrépide en 2006 et Igifi en 2007 (qu'il met d'ailleurs aussi en scène) ; metteur en scène avec La Chambre noire en 2004, Lettres ouvertes aux fanatiques et Terrorism en 2009, Les Contes hérético-urbains en 2012, Punk Rock et Pornographie en 2014 ou acteur dans Product en 2011 et Invasion! en 2012.

    Titulaire d'un master en Études théâtrales à Paris III-Sorbonne Nouvelle, il est également diplômé du CET, licencié et agrégé en langues et littératures romanes (UCL), diplômé du Premier Prix de déclamation (CRB). À ce jour, il a écrit une quinzaine de pièces, dont plusieurs ont été mises en scène et dont quatre sont disponibles aux éditions Lansman.

  • Le Poche ne perd rien de son énergie et de sa volonté à faire bouger les choses. Avec à sa tête Olivier Blin, un nouveau directeur artistique depuis février 2016, le Poche promet de fêter en grande pompes ses 65 ans d'existence et ses 50 ans au Bois de la Cambre.

    C'est l'humanitaire qui amène Olivier Blin au Théâtre de Poche à la fin des années 1990[1]. Il explique : « [...] c'est l'humanitaire qui me ramène au théâtre via le programme « Echo » de l'Union Européenne en ex-Yougoslavie, grâce auquel on acheminait des produits de première nécessité vers les camps de réfugiés bosniaques établis en Croatie et en Slovénie. J'y prends la mesure de la nécessité de la culture comme facteur de cohésion sociale et plus tard comme lieu de sens. » Il embarque alors dans la « maison d'aventures »[2] et participe à des grands succès du Poche : « Les Monologues du vagin » (Eve Ensler, 2000), « Trainspotting » (Irvine Welsh, 1996), « Tu ne violeras pas » (Edna Mazya, 1995), etc.

     

    [1]MAKEREEL, Catherine. « Olivier Blin à la barre du Poche » [en ligne]. Le Soir. 19 février 2016 [consulté le 2 mai 2016]. Disponible sur le Web : <http://poche.be/_img/_freeContent/Le-Soir-19022016-Olivier-yy-la-barre-du-Poche-Makereel.pdf>

    [2]BAUDET, Marie. « Olivier Blin, le nouveau directeur du Théâtre de Poche » [en ligne]. La Libre. 20 février 2016 [consulté le 23 avril 2016]. Disponible sur le Web : <http://www.lalibre.be/debats/personnalite/olivier-blin-le-nouveau-directeur-du-theatre-de-poche-56c74cd6357013d19584ab9a>